59
A B
O U
T M
Y W
O R
K / A
PRO PO
S D E M
O N
TR AVA
IL
black American presidential winner in history. Yet, unaware of the profound significance of this moment, my six-year-old son handed me a dragonfly wing he had just found on the doorstep – an equally momentous event in his eyes. Obamadragonfly thus brings together two perspectives: one global and historical; the other intimate and immediate, both held together between the fingers of a child.
Tôt dans la matinée du 4 novembre 2008, ma famille et moi regardions à la télévision le premier discours de Barack Obama, qui venait d’être proclamé premier président noir de l’histoire des États-Unis.
Pourtant, inconscient de la profonde signification de ce moment, mon fils de six ans m’a tendu une aile de libellule qu’il venait de trouver sur le pas de la porte : un événement tout aussi marquant à ses yeux. Obamadragonfly réunit ainsi deux perspectives : l’une globale et historique ; l’autre intime et immédiate, toutes deux retenues entre les doigts d’un enfant.
Page 50) TROIS SURFACES (2008) I’m intrigued by busts and the way they solely represent the upper part of the body. This format dates back to ancient Egypt and remains widespread today. I chose to subvert this tradition by also omitting part of the heads in my portraits of these renowned figures who lived and died during my life time: Haile Selassie, Margaret Thatcher and Osama bin Laden. Once I had painted their portraits, I concealed them under a layer of velvet. By cutting the velvet away piece by piece, I was then able to reveal clues to their identities beneath, much like an archaeologist brushing away the top soil to reveal a new find.
J’ai toujours été fasciné par les bustes parcequ’ils ne représentent qu’une partie du corps. Ce format remonte à l’Égypte et reste encore très répandu aujourd’hui. J’ai choisi de subvertir cette tradition en omettant également une partie du visage des sujets que j’ai choisis : Haïlé Sélassié, Margaret Thatcher et Oussama Ben Laden. J’ai d’abord peint les portraits, puis je les ai dissimulés sous une couche de feutrine. À l’aide d’un couteau, j’ai ensuite recherché certains détails en découpant de petits morceaux de feutrine pour révéler des indices sur leur identité, à la manière d’un archéologue qui gratte la surface d’un fossile pour en révéler l’origine.
Page 51) PRESTERJOAOSAFARI (2008) I discovered the myth of ‘Prester John’ when I was living in Lisbon in the 1990s. Prester John is a figure from medieval legend, a mythical king who was said to have ruled over a Christian nation lost amid the pagans and Muslims in the Orient. Christians in Europe, up until the 14th century saw him as a potential saviour. This piece considers this myth and how it might be resonate today in this increasingly polarised world. J’ai découvert le mythe du Prêtre Jean lors de mon séjour à Lisbonne dans les
années 1990. Le Prêtre Jean est un personnage de légende médiévale, un roi légendaire qui aurait régné sur une nation chrétienne perdue au milieu des païens et des musulmans en Orient. Jusqu’au XIVe siècle, les chrétiens d’Europe voyaient en lui un sauveur potentiel. Cette œuvre se penche sur ce mythe et sur la manière dont il pourrait trouver un écho aujourd’hui, dans un monde de plus en plus polarisé.
>> TECHNICAL NOTES ON MY WORK WITH PORCELAIN My work with porcelain employs relatively simple techniques, both in its raw and fired state. I chose to include this noble medium into my repertoire of materials due to its unique quality of combining versatility, fragility and durability. For the fired work, I flatten the raw clay then cut and sculpt the forms and dry them prior to the first of two firings. After the first firing, I then proceed to hand- paint onto the biscuit porcelain with a mixture consisting of oxides, porcelain powder, gum arabic and water. The paintings are either interpreted from existing photographs or imagined photographic scenarios. Once dry, these pieces are fired a second and final time at a higher temperature of approximately 1240ºC. I never use decals or ceramic printing techniques, as my approach prioritises interpretation and memory rather than exact reproduction.
>> INFORMATIONS TECHNIQUES SUR MON TRAVAIL AVEC LA PORCELAINE J’utilise des techniques relativement simples dans mon travail de la porcelaine, tant à l’état brut qu’à l’état cuit. J’ai choisi d’intégrer ce matériau noble à mon répertoire en raison de sa qualité unique de combiner polyvalence, fragilité et durabilité. Pour les œuvres cuites, je commence par aplatir l’argile crue, puis je découpe et sculpte les formes avant de les laisser sécher en vue de la première des deux cuissons. Après cette première cuisson, je procède à la peinture à la main sur le biscuit de porcelaine à l’aide d’un mélange composé d’oxydes, de poudre de porcelaine, de gomme arabique et d’eau. Les peintures sont soit des interprétations de photo- graphies existantes, soit des scénarios photographiques imaginés. Une fois sèches, ces pièces subissent une seconde et dernière cuisson à une température plus élevée d’environ 1240 °C. Je n’utilise jamais de décalcomanies ni de techniques d’impression céramique, car mon approche privilégie l’interprétation et la mémoire plutôt que la reproduction exacte.